9. La dépendance et le temps
" La position que prend l'abandon corporel (page 21) jette un nouvel éclairage sur la réalité de la longueur du temps et de la dépendance en psychothérapie. Ce sont là des problèmes réels qui se posent avant tout dans une perspective de changement ".
" L'abandon corporel (page 22) pose la question autrement. Dès le départ, il place le rapport thérapeutique sur le plan ontologique, dans ce processus jamais terminé, assumé d'abord par le psycho-thérapeute, d'habiter sa propre subjectivité et par là de passer toujours du temps inhabité à l'ici et maintenant. Le rapport au temps est donc ici d'un tout autre ordre. Il se résout sans cesse dans le passage à l'être, ce mouvement intérieur assuré par l'implication du psychothérapeute, et, dans ce contexte, la longueur du temps n'a plus d'importance. Une seule rencontre ou des milliers de rencontres constituent toujours ce même passage à l'être ". (…)
" A partir de toute vision prédéfinie de l'humain, la dépendance ne peut se résoudre dans le processus du changement que par l'indépendance. La position ontologique qu'est l'abandon corporel fait apparaître la dépendance sous d'autres jours. Elle la découvre comme constitutive du devenir humain et de sa réalité même ".
" La dépendance a pris toutes les formes des appartenances, des croyances et des adhésions. Elle révèle la recherche d'être en chacun des humains ; elle fait apparaître le manque d'être qui, à des degrés divers, est le sort de tous ; elle relie tous et chacun des humains dans une même quête qui ne peut trouver réponse que dans l'interdépendance. La dépendance a donc à être reçue et à s'ouvrir à la co-naissance. Elle ne sera jamais radiée, car elle est constitutive de la réalité humaine et fondatrice de l'interdépendance sans cesse à habiter ".