1.4.2. Pressentiments et rêves créatifs

D'après E. Pigani (page 396), une découverte récente (1997) a décontenancé les chercheurs: "En état de stress, on transpire. A l'inverse, plus on est relaxé ou détendu, moins l'électricité passe: les mains restent sèches ... C'est la mesure de conductibilité de la peau (Galvanic Skin Response). L'expérimentation a été effectuée avec un appareil (...) mesurant la conductibilité de la peau. (...) Les volontaires étaient confortablement installés en face d'un écran qui affichait successivement des photos sélec-tionnées de manière aléatoire par un ordinateur dans un stock de 120 images. Certaines d'entre elles évoquaient le calme, la sérénité; à l'inverse, d'autres étaient extrêmement violentes. (...) Les résultats ont été clairs: la "réponse anticipée" de la peau était bien plus forte, et de beaucoup, avant la projection d'une image violente susceptible de provoquer une vive réaction émotionnelle, qu'avant une photo suggérant le calme. Leur système nerveux anticipait la réponse et réagissait comme s'il envoyait un "signal d'alarme" à l'organisme ! (...) Les professeurs Bechara et Damassio l'ont parfaitement souligné: "Ces résultats suggèrent que l'inconscient dirige le comportement avant que la connaissance consciente ne le fasse".

D'après E. Pigani, concernant les rêves créatifs, (pages 399 et 400): "Il est quasiment impossible de se rappeler avec précision une oeuvre (musicale) rêvée. (...) De plus, dans ces rêves, on peut relever un élément particulier : les musiciens ne composent jamais; ils entendent des oeuvres déjà écrites qui, parfois, leur sont présentées par des personnages inconnus. Il en va différemment pour les scientifiques: ils se souviennent parfaitement du contenu et du sens de leurs visions nocturnes" (...) "Dans l'histoire de la science, on a en effet relevé une profusion de rêves qui ont donné naissance à de grandes découvertes".

Et (page 401): "Comme les scientifiques, les écrivains semblent capables de se remémorer avec précision leurs rêves". Et (page 403): "Dans certains cas, on peut effectivement se demander si les artistes (voire les scientifiques!) ne reçoivent pas pendant leur sommeil, des "coups de pouce" extérieurs, si leur esprit n'entre pas en contact avec d'autres dimensions".

Et (page 404), concernant Harriet Beecher-Stove, auteur de La case de l'oncle Tom : " Harriet assistait à l'office du dimanche matin dans la chapelle du collège de Brunswick, lorsqu'elle a vu, devant elle, se dérouler la scène de la mort de l'oncle Tom. Exactement comme si le personnage lui montrait et lui disait ce qu'elle devait écrire. (...) L'après-midi, Harriet s'est enfermée dans sa chambre pour rédiger le chapitre racontant "La mort de l'oncle Tom", tel qu'il lui était apparu. Outre ce type de témoignage, nombre d'auteurs affirment avoir été guidés par des êtres de nature spirituelle. On retrouve la trace de ces aides providentielles dans toute l'histoire de la philosophie, de la littérature et de la poésie".

 Voir chapitre 5